MALI


1. LA CNOP : AMBITIONS, OBJECTIFS ET ORGANISATION

La CNOP, reconnue depuis le 26 novembre 2004 sous le récépissé n° 0012 G – DB, se définit comme un regroupement de fédérations d’OP/faîtières, apolitique et autonome. Elle est un cadre démocratique de convergence des préoccupations, actions et stratégies (des OP) dans le but d’aboutir à un espace commun de représentativité réelle, de formulation de stratégies communes face aux autres acteurs, de renforcement des effets de leurs actions de lobbying et de plaidoyer.

La CNOP a deux fonctions principales : une fonction de représentation politique et une fonction de défense des intérêts des producteurs Agricoles du Mali.

Fonction de représentation politique :

  • Être l’interlocuteur de la profession Agricole face à l’État et aux autres acteurs du développement
    Fonction de défense des intérêts des producteurs Agricoles :
  • Défendre et promouvoir les valeurs d’une Agriculture familiale sécurisée et ouverte au progrès et à la modernité
  • Permettre aux OP du Mali de contribuer à la définition d’une vision de l’Agriculture malienne et de politiques Agricoles centrées sur les exploitations familiales Agricoles ;
  • Constituer un pôle de lobbying et de plaidoyer paysan au niveau du Mali et dans la sous-région.
    La CNOP fédère des OP à compétence nationale et/ou régionale qui couvrent tous les sous-secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, des forêts. Au sein de la CNOP, se trouvent également les deux organisations les plus représentatives des femmes et des jeunes du milieu rural.

L’ambition de la CNOP est de défendre et promouvoir les valeurs d’une Agriculture familiale sécurisée et ouverte au progrès et à la modernité. Son objectif à long terme est d’édifier un mouvement paysan national responsable, crédible, porteur de la promotion socio-économique durable des exploitations familiales Agricoles.

La CNOP vise notamment :

  • L’éradication de la pauvreté en milieu rural,
  • La Souveraineté alimentaire pour le pays,
  • Des conditions de vie meilleures pour l’ensemble des ruraux,
  • Une Agriculture paysanne reconnue comme métier, sécurisée et respectée,
  • L’exploitation rationnelle des ressources naturelles pour la durabilité des systèmes de production et de la biodiversité, la préservation et la sauvegarde du patrimoine génétique

A travers ces ambitions et objectifs, la CNOP entend faire de l’Agriculture malienne, centrée sur l’exploitation familiale paysanne, le levier du développement économique, social et culturel du pays.

La CNOP se bat pour l’équité sociale, la justice, le respect, la démocratie et la bonne gouvernance, la reconnaissance du mérite.

Pour réaliser ses ambitions et objectifs, la CNOP travaille à permettre aux OP du Mali de contribuer à la définition d’une vision de l’Agriculture malienne et de politiques Agricoles centrées sur les exploitations familiales Agricoles.

La CNOP est administrée par des élus paysans qui représentent les Fédérations membres. Ses organes sont l’Assemblée Générale, le Conseil d’Administration et le Bureau Exécutif National. Ces organes orientent et contrôlent les activités de la CNOP.

Pour assurer le fonctionnement permanent de la CNOP, une cellule d’appui technique est en place.
Cette cellule travaille sur la base de règles consignées dans un Manuel de Procédures pour traiter les dossiers et gérer les ressources techniques et financières. Aux fins de faciliter l’appropriation des analyses issues de ces dossiers et pour impliquer le plus possible, les élus dans l’élaboration des positions et propositions, trois commissions de travail sont actives sur les thématiques suivantes :

  • La souveraineté alimentaire, les politiques Agricoles et les enjeux internationaux ;
  • Les alliances, le partenariat, le lobby et le plaidoyer ;
  • Les campagnes d’information et les media

2. LES CONTRAINTES

La CNOP est, aujourd’hui, le mandataire reconnu des organisations paysannes du Mali pour représenter et défendre leur vision et leurs intérêts dans tous les lieux de décision sur les politiques et programmes de développement Agricole et rural. Cependant, la bonne exécution de ce mandat se heurte à plusieurs handicaps.

  • Une vision et une identité insuffisamment partagée : aussi bien dans les documents que dans l’énoncé des objectifs et des principes, les membres de la CNOP semblent s’accorder sur la primauté de l’Agriculture familiale, la promotion de l’exploitation familiale Agricole multifonctionnelle. Ces accords méritent d’être consolidés pour que les réalités couvertes par ces notions soient perçues de la même manière. Cette exigence s’impose parce qu’en analysant les stratégies et les positionnements de certains des membres, l’on constate aisément des divergences : la défense de la filière voire de la spécialisation, l’emporte rapidement sur la multifonctionnalité, le positionnement d’entrepreneurs, d’investisseurs non originaires du secteur rural, prédomine sur celui des exploitants familiaux au sein de certaines organisations membres, la bataille pour l’exportation semble primordiale sur la sécurité et la souveraineté alimentaire au niveau de certaines organisations membres. Ces divergences encore latentes appellent cependant un traitement urgent pour que la CNOP et ses membres puissent, collectivement, proposer et négocier des points de vues consensuels non seulement pour les textes réglementaires mais aussi et surtout, pour le choix des filières et des investissements publics dans le cadre des programmes et projets.
  • Une dispersion de la représentation dans les instances de concertation et de dialogue : Les organisations paysannes faîtières, bien que récemment regroupées au sein de la CNOP, continuent de siéger et de négocier séparément dans des instances (Cadre de concertation de la Société Civile, Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, Comités de Pilotage de projets, etc.) car dans ces instances, des questions transversales sont discutées. De ce fait, la ligne de défense de chacune de ces organisations est surtout déterminée par les intérêts et les préoccupations spécifiques. Cet éclatement de la représentation est également constaté lorsqu’il s’agit de prendre en compte, dans de telles instances les intérêts de certaines catégories sociales, tels les jeunes ruraux et les femmes. Ainsi, peut-on noter la présence côte à côte de la Fédération Nationale des Femmes Rurales avec d’autres faîtières incluant des femmes. La présence de plusieurs catégories de faîtières ne peut être un avantage que si, au préalable, des concertations ont pu permettre de déterminer les points de vue à défendre et la stratégie à appliquer. Ce constat fait au niveau national est également valable et est plus prépondérant au niveau des régions.
  • Une insuffisante concertation pour élaborer et défendre des points de vues communs et spécifiques dans les tables de négociation : Hormis la LOA, pour laquelle le mandat est venu du gouvernement, les membres de la CNOP n’ont que peu d’opportunité pour mener des échanges sur des dossiers qui influencent l’avenir de leurs membres. Plusieurs difficultés expliquent cet état de fait. D’abord, les commissions de travail mises en place récemment, par l’Assemblée Générale des 21 et 22 mars 2006, pour prendre en charge les dossiers transversaux, ne sont pas encore opérationnelles.
  • Ensuite, en raison des questions complexes que soulèvent ces dossiers, la CNOP est encore pauvre en ressources humaines permanentes et en ressources financières, permettant de mobiliser à la demande, des compétences spécifiques. Enfin, sur ces questions complexes, par exemple sur les filières, la place de l’irrigation dans la maîtrise de l’eau, la sécurité foncière, des positions communes ne sont pas développées pour prendre en compte les intérêts divers des exploitations familiales, des producteurs Agricoles, des zones et des terroirs. Dans de telles conditions, les représentants de la CNOP à ces tables de négociation ne sont donc pas suffisamment armés, faisant appel, par défaut, à leur bonne volonté et à leur expérience propre. Les points de vue qu’ils défendent, ne reflètent pas toujours, la vision et les priorités de la CNOP.
  • Deux pôles de représentation et de défense des intérêts des exploitants familiaux Agricoles peu convergents : l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, revendique la légitimité exclusive pour la représentation et la défense des intérêts des exploitants familiaux Agricoles et des producteurs Agricoles. La divergence ainsi créée est un facteur qui affaiblit lourdement la nécessaire coordination des actions des deux pôles. Par exemple, le PASAOP et notamment la composante qui renforce les capacités des organisations de producteurs, exécutée sous la tutelle de l’APCAM, ne suscite que peu d’intérêt pour la CNOP ; de même, l’action des OP relative aux textes d’application de la LOA ne suscite également que peu d’intérêt de la part de l’APCAM. Cette situation de « coexistence pacifique » trouve ses raisons dans l’absence de clarifications des rôles et missions des deux organisations. Ce travail de clarification, voire d’harmonisation des champs et modes d’action, incombe d’abord aux deux pôles eux-mêmes. Il pourrait ainsi servir de déclic pour favoriser une utilisation plus efficace des moyens de tous ordres au service des OP déjà disponibles ou prévus dans les programmes et projets publics.
  • Une fissure entre le niveau national et les régions, qui handicape l’implication des OP et de leurs membres dans le processus de la décentralisation : Les différentes politiques publiques Agricoles sont adossées à une forte implication et responsabilisation des collectivités locales. Ces dernières ont également des pouvoirs, des compétences et des ressources pour conduire le développement économique, social et culturel au niveau local et régional. Ces éléments fondent donc la nécessité d’une coopération forte entre les élus locaux et les organisations paysannes qui constituent des acteurs économiques locaux majeurs mais qui, pour l’instant, participent peu à la gouvernance locale et à l’élaboration des programmes de développement locaux et régionaux. La nécessaire concertation entre les OP au niveau régional, bien que reconnue et considérée comme très importante, présente des difficultés. En effet, les faîtières nationales considèrent que la CNOP ne doit pas disposer d’une représentation régionale eu égard à leur présence dans les régions. Ce qui avait par exemple freiné l’initiative de la CNOP qui voulait prolonger, au niveau des régions, la dynamique créée par les concertations paysannes sur la LOA. Pourtant, l’exemple du CRCR de Sikasso, bien qu’il reste encore des clarifications à faire dans sa structuration, pouvait servir de base d’expérimentation. L’inexistence de liens et de voies de communication formalisés entre toutes les OP structurées au niveau des régions et le niveau national en matière de politiques et de programmes, ne permet pas non plus, de matérialiser efficacement à la base les acquis, obtenus par la CNOP et ses membres dans les instances de concertation. Enfin, l’absence d’instances de concertations propre aux OP de chaque région aggrave l’incoordination entre les OP des régions et les Chambres Régionales d’Agriculture et reportent, à cette échelle territoriale, la situation divergente de légitimité et de leadership vécue au niveau national.
  • Une insuffisante circulation de l’information : des difficultés financières pour réunir les instances ou des commissions de travail et de l’inexistence de passerelle entre le niveau national et les régions, la restitution des actions entreprises, l’information sur les questions en débat, les décisions prises dans les tables de concertation et de négociation sont rarement partagées. Inversement, le niveau national éprouve d’énormes difficultés à se saisir à temps, des préoccupations de la base dont les solutions sont à rechercher au niveau central.
  • Des ressources humaines rares pour accompagner les élus : A l’exception d’une à deux organisations faîtières nationales, la CNOP comme ses Fédérations membres ne disposent pas de ressources humaines suffisantes. Celles qui sont disponibles, sont impliquées dans des appuis ponctuels, de durée relativement courte. Ces appuis ne s’inscrivant pas dans un Plan Quinquennal d’Actions, interviennent d’une façon limitée sur les autres dossiers qui interpellent la CNOP. Cela a limité fortement la qualité de la représentation de la CNOP au niveau des instances qui traitent de ces dossiers. Pour pallier cette insuffisance de disponibilité de ressources humaines, les élus sont mobilisés presque d’une façon permanente mais faute d’une compensation financière adéquate et régulière, la disponibilité de ceux-ci devient de moins en moins grande, conduisant souvent à l’absence de représentations de la CNOP dans ces instances pourtant importantes.
  • Une forte dépendance financière : Le financement surtout des fonctions de représentation et de lobby, des activités de fonctionnement de la CNOP est encore assuré par des ressources extérieures. Les cotisations des membres de la CNOP ne peuvent y suffire. Ces financements externes sont souvent dédiés à des opérations précises et exclusives qui n’intègrent peu, voire pas d’appui, aux activités institutionnelles. Cette dépendance fragilise la CNOP en restreignant ses capacités à respecter la redevabilité due à ses mandats et qui constitue la base pour lever des contributions auprès des membres. Les handicaps ci-dessus soulignés conduisent également à des incapacités à pouvoir mobiliser des ressources publiques. Hormis le financement des concertations paysannes sur la LOA, il est rare de constater une contribution de fonds publics au fonctionnement des OP. Ainsi, la composante OP du PASAOP a été presque peu profitable pour les faîtières nationales parce qu’elles n’ont pas su mobiliser les ressources conformément aux exigences de ce programme. Remplissant, dans beaucoup de domaines des fonctions qui auraient dû être prises en charge par les services publics, les OP comme d’ailleurs le prévoit la LOA (articles 119 et 120) devront s’orienter davantage à influencer le vote de ressources publiques pour soutenir leur fonctionnement et leur développement institutionnel. Cette stratégie devra, toutefois être complétée progressivement par les différentes contributions afin de préserver l’indépendance des OP et de la CNOP. Dans ce sens, la CNOP comme ses membres devront d’abord clarifier comment les OP prendront-elles en charge les fonctions économiques traditionnelles et permanentes d’approvisionnement en intrants et de mise en marché qui sont des services pouvant générer des ressources pour financer le fonctionnement démocratique des OP, la représentation et la mobilisation des élus. Pour ce faire, il faudra également clarifier les relations entre les organisations économiques et celles chargées de la représentation et de la défense des intérêts.

3. LES ATOUTS

Malgré ces contraintes, la CNOP et ses Fédérations membres recèlent bien de forces et d’atouts :

  • Une forte motivation et un engagement permanent d’élus d’OP : La naissance de la CNOP à l’issue d’un processus de concertations et de négociations, pendant 8 ans, entre des OP qui ne se connaissaient pas, témoigne de la motivation des leaders à obtenir des résultats. Bien que ce processus ait été peu appuyé techniquement et financièrement, qu’il ait été parfois tendu et semé d’obstacles, les élus d’OP ont maintenu leur engagement. Ce sont, également, ces qualités qui ont permis de mener à bien les concertations paysannes et qui ont produit la considération que les autres acteurs et en premier lieu l’État, portent à la CNOP et aux OP.
  • Des élus expérimentés et disposant d’une vision à long terme de l’avenir des OP : Aussi bien pour la LOA que pour la création de la CNOP, pour la défense du coton malien que pour la lutte contre les OGM, les élus des OP ont su mener à terme des discussions, convaincre et produire des résultats tangibles. Leur expérience leur a servi à nouer des alliances stratégiques (avec les députés pour la LOA, par exemple), à mobiliser les producteurs et à faire jouer la solidarité (refus de culture du coton et la défense du coton malien par des exploitants non cotonniers) et à faire appel à de larges secteurs de la société civile pour soutenir leurs points de vue. Malheureusement, de tels élus sont peu nombreux, ce qui forcément limite les chantiers sur lesquels la CNOP et ses membres peuvent s’engager.
  • Un réseau de partenaires techniques et financiers aux niveaux national et sous régional : Bien que de création récente, la CNOP, en sa qualité de membre du ROPPA, dispose des ressources communes de ce réseau. Cela a facilité l’appropriation des leçons apprises du processus de LOA au Sénégal. Au niveau national, la CNOP a tissé des relations de coopération et d’appui avec des ONG, des bailleurs bilatéraux et multilatéraux. Ce portefeuille de relations constitue une base solide pour accompagner la CNOP.
  • Une reconnaissance par l’État du positionnement et du rôle de la CNOP : La conduite à terme des concertations paysannes sur la LOA, la pertinence des propositions paysannes qui ont amélioré le projet de loi gouvernemental, la gestion démocratique et transparente aussi bien de l’expression des diverses organisations que des ressources financières ont abouti à la reconnaissance, par État, de la CNOP comme un acteur crédible et indépendant, porteur de la représentation des organisations paysannes et de leurs membres.

4. LES ENJEUX ET DÉFITS

D’une manière générale, le Gouvernement comme les partenaires techniques et financiers considèrent qu’une implication forte des OP et de leurs cadres de concertation à la formulation et à la mise en œuvre des politiques et programmes publics de développement Agricole et rural est un atout favorable pour obtenir des résultats pertinents et en assurer la pérennité. Cette conviction a été traduite dans la LOA qui dispose, pour tout ce qui touche aux conditions de vie et de travail des exploitants familiaux Agricoles, de recourir à la concertation pour arrêter des mesures réglementaires, définir et mettre en œuvre des programmes et des actions.

Les principales caractéristiques du secteur Agricole malien fondé notamment sur des exploitations familiales Agricoles vulnérables, peu équipées et confrontées aux conséquences de l’ouverture du marché national, imposent des transformations en mesure de moderniser l’Agriculture familiale afin qu’elle soit capable de relever le défi de nourrir la population malienne, de procurer des revenus suffisants et durables aux actifs ruraux et de préserver les ressources naturelles qui sont la base indispensable de la durabilité et des performances des activités Agricoles, animales, halieutiques et forestières.
L’enjeu de la modernisation de l’Agriculture familiale

Dans cette perspective, l’enjeu pour la CNOP et ses Fédérations membres, est d’améliorer leurs capacités à élaborer et négocier le projet de modernisation de l’Agriculture familiale avec l’État et ses partenaires

Pour ce faire, la CNOP se doit de clarifier au sein du mouvement paysan national (qui inclut toutes les catégories d’OP ainsi que leurs représentations en réseau) la place et le rôle de l’Agriculture familiale. Cette clarification est d’autant plus nécessaire que l’Agriculture familiale n’est pas le seul mode de production auquel État apporte son appui. Ce travail doit être le prélude à la définition des transformations à opérer pour moderniser l’agriculture familiale.

En effet, quelles structures Agricoles sont pertinentes (superficie, équipement, main-d’œuvre) pour rendre viables et rentables les différentes catégories d’exploitations familiales ? Quels systèmes de production Agricoles promouvoir (en tant qu’entités diversifiées ou spécialisées) pour tenir compte des écosystèmes fragiles du pays et des risques sur les ressources naturelles (terre, eau, flore et faune) ?

Quels emplois et services doit-on consolider et/ ou promouvoir pour accueillir les actifs Agricoles, les jeunes ruraux qui, du fait des limites de superficies cultivables, ne peuvent plus poursuivre ou ne peuvent plus s’installer comme exploitants Agricoles ?

Quels cadres de vie développer pour que les ruraux accèdent comme les urbains aux infrastructures de santé, d’éducation, de communication, d’énergie, et ce, avec la même qualité ? Quelles articulations développer entre les communautés rurales et les communautés urbaines pour l’accès au foncier, pour l’approvisionnement en aliments, etc.

Quelles dispositions conformes doit-on prendre pour améliorer continuellement la compétitivité des productions Agricoles, animales, halieutiques et forestières face à l’ouverture du marché national dans le cadre de l’intégration régionale et dans le cadre de la mondialisation ?

Les réponses à ces questions et à bien d’autres, sont indispensables pour élaborer un projet cohérent de modernisation de l’Agriculture familiale. Sur la base de ce projet, il sera plus aisé de délimiter le périmètre d’intervention, les rôles et responsabilités des OP de base, des régions, des OP faîtières qui les structurent, des organismes économiques et techniques comme les Chambres d’Agriculture, les groupements économiques, etc.

Ce travail de longue haleine est seul en mesure de permettre au mouvement paysan de définir des stratégies adéquates pour les négociations, la défense des intérêts, le lobby, le plaidoyer.

La maîtrise par les leaders d’OP des enjeux nationaux et internationaux et le renforcement de leur capacité d’analyse et de proposition et de suivi entre OP sur ces enjeux

A ce niveau, il s’agit de faire en sorte que les leaders de la CNOP et des Fédérations membres aient de fortes capacités d’analyse et de monitoring des politiques Agricoles pour mieux défendre les intérêts des exploitations Agricoles.

Cet enjeu doit permettre d’autre part d’assurer un meilleur fonctionnement de la CNOP, d’améliorer la qualité de participation de la CNOP aux différentes rencontres d’échanges, de négociations et de renforcer les capacités des leaders, en plaidoyer et lobbying.
L’enjeu de développer des arguments autonomes

Pour la CNOP, le processus d’élaboration de la politique Agricole vise à dégager une position préservant au mieux les intérêts des producteurs Agricoles et leurs organisations. Il vise également à dégager une position construite et argumentée qui puisse servir de base à une négociation face aux autres acteurs : État, bailleurs de fonds, enceintes de négociations multilatérales, intégration régionale, constitution d’APE avec l’Union Européenne.

En matière d’élaboration et de mise en œuvre des politiques Agricoles, l’État et les autres acteurs impliqués se doivent d’évoluer dans un partenariat fructueux, afin de parvenir à des choix consensuels et de favoriser ainsi une meilleure mise en œuvre des programmes et projets de développement Agricole. Cela implique, pour la CNOP, de construire un argumentaire justifiant ses prises de position et ses décisions.

Par ailleurs, les tendances de mise en conformité de la politique Agricole du Mali aux conditionnalités des organismes financiers internationaux et aux règles des instances multilatérales telles que l’OMC, réduisent la marge de manœuvre des acteurs nationaux, autre raison pour la CNOP d’avoir des options claires, des argumentaires solides pour les justifier.
La construction de ces argumentaires autonomes nécessite à la fois des compétences techniques que des outils d’observations, de collecte de données, de suivi de l’évolution des Agricultures familiales et des politiques Agricoles.
L’enjeu de la structuration d’un mouvement paysan national représentatif et crédible

Au niveau du SDDR comme du CSCRP, l’implication et la responsabilisation des OP dans la mise en œuvre des actions sont des principes clairement énoncés. Il en est de même pour la LOA.

La matérialisation de cette volonté passe nécessairement par le fait que le choix d’une OP, d’un réseau d’OP, d’un cadre de concertation pour assumer la représentation ne soit pas un choix qui dépend de l’appréciation subjective de tel ou tel acteur.

En outre, les OP ne peuvent pas échapper à l’obligation qui est faite à des institutions de développement d’appliquer les principes de bonne gouvernance, de transparence et de démocratie.

C’est pourquoi, il est d’un enjeu vital pour la CNOP et ses Fédérations membres de rationaliser le réseautage des OP, de favoriser une plus grande légitimité des élus des OP, de veiller et d’appuyer le fonctionnement démocratique, transparent et inclusif des OP, d’améliorer l’information et la communication. Ces exigences sont fondamentales pour faire des OP, des acteurs professionnellement efficaces, socialement représentatifs et crédibles ; ce qui en définitive est la base de la mobilisation sociale et économique des exploitants afin de se faire entendre des autres acteurs et pour obtenir des acquis.
Le défi de réduire sensiblement la pauvreté rurale

L’environnement législatif malien, avec la LOA, constitue un cadre favorable pour orienter les investissements publics vers les secteurs pertinents, les filières les plus compétitives qui ont un impact économique et social et vers les couches sociales les plus vulnérables. Le SDDR, la Décentralisation ainsi que le CSCRP confortent ces options.

Ces diverses politiques et stratégies ont donc le mérite de fixer des orientations adéquates mais elles ont également des limites en ce que lesdites orientations, dans leur traduction en mesures réglementaires, actions, programmes et projets qui peuvent être contradictoires.

C’est pourquoi, la CNOP devrait contribuer à ce que ces mesures, actions, programmes et projets soient concrètement des instruments qui appuient les exploitations familiales Agricoles dans leur multifonctionnalité, leur diversité et qui offrent des opportunités facilement réalisables aux couches sociales rurales, vulnérables et démunies afin qu’elles s’extraient de la pauvreté.

Pour ce faire, la CNOP se doit de disposer d’argumentaires prouvant à l’État, aux Collectivités et à leurs partenaires que le projet de modernisation de l’Agriculture familiale qu’elle porte, est le vecteur le plus efficient pour réduire la pauvreté rurale.

Le défi de bâtir des alliances pour faire du projet de modernisation de l’Agriculture familiale, un projet de la société malienne

Bien que les ruraux constituent 80% de la population et apportent 75% des recettes d’exportation, ce poids démographique et économique important ne se traduit pas proportionnellement dans l’allocation des ressources publiques.

Faire en sorte que le projet de modernisation de l’Agriculture familiale soit également soutenu par les opérateurs économiques privés et les autres corps sociaux maliens est indispensable si le mouvement paysan veut peser durablement sur les choix d’investissements publics.

C’est pourquoi, un autre défi est de construire des alliances, d’abord entre les diverses représentations fonctionnelles des OP, qu’elles soient aujourd’hui parties prenantes ou non de la CNOP, puis entre celles-ci et les autres acteurs de la société malienne dans le but de faire naître et consolider une solidarité active en faveur d’une allocation plus substantielle de ressources publiques au monde rural en général et Agricole en particulier.

A ce jour, les structures membres sont :

1. L’Association des Organisations Professionnelles Paysannes (AOPP) ;
2. L’Association des Pêcheurs Résidents au Mali (APRAM) ;
3. La Plateforme Paysanne du Sahel ;
4. La Fédération des Organisations Productrices de Banane (FOPB) ;
5. La Fédération Nationale de la Filière Bétail et Viande (FEBEVIM) ;
6. L’Union Nationale des Coopératives de Planteurs et Maraîchers (UNCPM) ;
7. L’Association pour la Promotion des Filières Agricoles (APROFA) ;
8. Le Collège des Syndicats Paysans ;
9. La Fédération Nationale des Femmes Rurales (FENAFER) ;
10. La Fédération Nationale des Jeunes Ruraux (FENAJR) ;
11. La Fédération Nationale des Producteurs de lait (FENALAIT)
12. La Plateforme Nationale des Producteurs de Riz (PNPR)

Contact

Kalaban coura Ext. Sud Rue 325 Porte 69, BP.E 2169 Bamako Mali
Tél. : 00223 20 28 68 00 - Email : cnopmali@yahoo.fr


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